Extension de la PIA : et si les grincements de dents des expropriés sont pris au sérieux !

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Par René DOKOU le 28 Août 2021

(IMPARTIAL ACTU)-Depuis le 28 mai 2020, les autorités togolaises par décret N° 2020-041/PR du 28/052020 ont déclaré une zone de la localité Adéticopé d’utilité publique et autorisant les travaux d’extension du site de la Plateforme industriel d’Adetikopé. Les expropriés, dans un esprit de patriotisme et d’adhésion ont accepté de céder, sans résistance leurs terrains, immeubles et biens au profit de l’intérêt national. Mais force est de constater depuis plus d’un an, les lignes ne bougent pas dans la procédure d’expropriation.

A quelques semaines de la prochaine rentrée scolaire, c’est le flou total au sein de cette population expropriée. Où iront-ils ? Quand partiront-ils ? Où s’inscriront leurs enfants ? Voilà des tas d’inquiétudes que se posent milliers de personnes. Sachant que l’extension de la PIA est désormais une nécessité, les expropriés vivent quotidiennement entre anxiété et incertitude. Dans une interview qu’il a accordée à notre rédaction, Monsieur Magloire ATTOH MENSAH, le Président du Collectif des expropriées de la PIA est revenu le point de la situation.

Le gouvernement dans l’atteinte des objectifs du PND et de sa feuille de route, a lancé le projet de la plateforme Industrielle d’Adétikopé (PIA). La mise en œuvre de ce vaste projet national vous oblige à céder vous habitation située à Adétikopé. Depuis le 28 mai 2020 où le décret d’expropriation a été pris, comment avez-vous accueilli cette nouvelle ?

Le PND est un vaste programme de notre gouvernement actuel, et la PIA fait partie d’un des axes pour sa mise en œuvre. Par décret N°2020-41/PR du 28 mai 2020 déclarant d’utilité publique et autorisant les travaux d’extension du site du parc industriel d’Adétikopé, le gouvernement a exproprié 213 ha 05 a 44 ca. Cette expropriation concerne : une partie du quartier Akplomé, le village de Lomégnon kope et une partie du village de Logoé. C’est bien vrai que le projet nous oblige à céder nos terrain et surtout nos habitations, mais dans la réalité la méconnaissance des lois foncières et domaniales a poussée plus d’un à s’opposer catégoriquement. Dans ce désordre on ne pouvait rien faire qui avantage la population, ainsi nous nous sommes constitué en collectif afin de défendre nos intérêts.

Il y’a quelques mois, le collectif des expropriés pour l’extension du Parc Industriel d’Adétikopé (PIA) était face à la presse pour dénoncer un certain nombre de faits. Les lignes ont-elles bougé ?

Après s’être constitué en collectif, les sensibilisations des populations par le bureau ont permis de réduire énormément les tensions. Vous me demander si les lignes ont bougé ? Je ne saurais répondre à cette question par l’affirmatif, car à la conférence de presse nous avons été délateur des manquements dans le processus d’expropriation et surtout les valeurs attribuées de façon arbitraire à nos immeubles.

Comment dans une zone où le prix réel du terrain est à plus de dix millions (10 000 000) le lot (6 ares), l’état nous propose quatre million huit cent mille (4 800 000) ? Où allons-nous trouver le différentiel pour racheter un autre terrain en vue de notre réinstallation ?

Alors que la valeur vénale cadastrale (commune d’Agoè Nyivé 6) fixe le montant à 10 000 000 dans la zone urbaine et à 5 000 000 dans la zone périurbaine. Aujourd’hui, on constate un statuquo en ce qui concerne les revendications (rien sur le chronogramme, ni sur la valeur réel des terrains, ni sur les critères d’évaluations des bâtis). Nous sommes laissé dans un dilemme total ne sachant plus à quel saint se vouer.

Que disent au juste les autorités en charge du dossier ?

Je ne saurais vous répondre avec exactitude à cette question. Mais il faut reconnaitre que nous avons eu plusieurs rencontres avec le président de la commission ad-hoc chargée de notre dossier d’expropriation. Je profite de cette occasion pour le remercier pour sa disponibilité et sa sollicitude.
Le hic est qu’à chaque rencontre, nous sortons avec les informations non substantielles par rapport à nos attentes (puisqu’à chaque rencontre avec le Préfet d’Agoè Nyivé, il nous informe n’avoir pas encore d’instruction de ses supérieurs hiérarchiques sur notre zone).

J’ai l’impression que les autorités jouent au dilatoire en ce qui concerne le chronogramme d’exécution de l’indemnisation. Nous avons déjà envoyés des correspondances (avec d’échange) aux plus hautes autorités en charge du dossier sans suite.

Entre autres, au chef de l’Etat SEM Faire GNASSINGBÉ, aux chefs du gouvernement KLASSOU et DOGBE et aux ministres cosignataires du décret d’expropriation. Curieusement, toutes ces correspondances sont restées sans suite. Il faut noter que sur la superficie totale environs 50 ha de terres ont été indemnisées, par ce qu’étant dans une zone moins habitée.

Parlant des correspondances, nous avons aussi saisi Madame le médiateur de la République, qui au moins a répondu en nous donnant des directives. Je profite aussi de cette occasion pour lui remercier et l’encourager dans la réalisation de sa mission.

Quel est l’avenir pour vos enfants à la veille de la prochaine rentrée scolaire ?

En ce qui concerne l’avenir de nos enfants, nous ne maîtrisons aucun paramètre. Dans une des correspondances aux autorités, nous avons soulevé cette préoccupation, mais ceci est resté sans retour.

Imaginez vous-même qu’en pleine année scolaire on ordonne à un père de famille de débarrasser le planché dans quatorze jours (aussitôt après qu’il ait reçu son chèque pour l’indemnisation), alors que les enfants sont tous inscrits dans la même zone !
Imaginez, qu’en pleine année scolaire on ordonne à un responsable d’école de débarrasser le planché, alors que l’année scolaire suit son cours ? Nous ne voulons pas créer des précédents traumatiques à nos enfants.

Quel est aujourd’hui le cri de guerre du collectif des expropriés de l’extension du Plateforme Industriel d’Adétikopé (PIA)?

Nous ne sommes pas en guerre contre le gouvernement, je dirais que c’est une collaboration. Mais dans un partenariat lorsqu’il y a rétention d’information d’une partie, la relation prend un coup.

Le gouvernement a pris trois mois pour compter de la prise du décret, pour faire l’état des lieux et l’évaluation des bâtiments afin de stopper l’évolution des travaux dans notre zone. Depuis le mois d’avril 2021, nous constatons avec amertume qu’il y a aucune évolution.

Il faut noter que cet état de dormance des indemnisations est psychologiquement affectant. Tout est au ralenti dans la zone, les entreprises ont fermées, plus les activités génératrices de revenus bref nos vies ont pris un sale coup depuis l’ordre de cessation des travaux.

Étant des parents responsable et soucieux de la santé mentale de nos enfants, nous avons au cours de ses vacances envoyé des correspondances notamment au chef du gouvernement pour agir dans ce sens afin de mettre fin à cette attente qui n’a que trop durée.

Nous subissons déjà l’impact dû aux travaux à l’intérieur de la zone SAZOF.
Il est clair que dans cette attente, les expropriés sont complètement désemparés et ne se retrouve pas. Nous sommes complètement laissés pour compte dans un pays ou le chef de l’état fait du social son leitmotiv.

Un message particulier aux autorités ?
Notre message aux autorités, s’adresse premièrement au Chef de l’Etat qui est le premier responsable du PND afin qu’il intervienne pour une indemnisation juste et rapide. Cette psychose ne favorise pas la tranquillité de notre esprit et empiète sérieusement sur nos performances professionnelles.

En suite notre message va à l’ endroit de la cheffe du gouvernement afin qu’elle sorte de son silence pour nous ôter ce poids comparable aux chaine de l’esclavage (quand je reviens du boulot, je rentre à la maison pour me reposer, c’est là où je me rends compte que je ne vie toujours pas chez moi; ce qui le stresse d’avantage).
En fin au groupe ARISE qui est en charge du projet PIA d’accentuer les négociations avec le gouvernement afin de libérer les expropriés.

Ainsi nous demandons à toutes les autorités d’accélérer l’indemnisation en cette période de vacances, afin de permettre notre réinstallation avant la rentrée scolaire prochaine.

Propos recueillis par Frédéric AGBEKO

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