Togo-Exploitation minière et artisanale : vers l’élimination définitive du Mercure

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Par René DOKOU, le 15 Novembre 2022

(IMPARTIAL ACTU)- Le Togo fait des efforts pour se conformer totalement aux exigences de la convention de Minamata sur le Mercure. Un atelier de validation du plan d’action national pour la réduction et si possible l’élimination du mercure, dans le secteur de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle de l’or au Togo a ouvert ses portes mardi 14 novembre à Lomé. Cette rencontre de deux jours+14 au 15 novembre 2022) s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la convention de Minamata sur le mercure.

Selon Armand Samaro, Directeur de l’environnement représentant le ministère de l’environnement et des ressources financières, les conséquences néfastes du mercure sur la santé et l’environnement ont fait l’objet de plusieurs évaluations conduisant à l’élaboration d’un instrument international juridiquement contraignant pour réguler ce métal lourd. C’est alors qu’il a été mis sur pied le Comité de Négociation Intergouvernemental chargé d’élaborer un instrument juridique international sur le mercure dont les travaux ont abouti en janvier 2013 au texte de la Convention de Minamata sur le mercure.

Prenant la mesure des dangers que représente le mercure pour la santé humaine et l’environnement, le Togo s’est engagé aux côtés de la communauté internationale dans la voie de l’élimination de la pollution par ce métal, en ratifiant la Convention de Minamata en février 2017
Une fois cet instrument juridique de portée international ratifié, le Togo s’est mis sur la voie de sa mise en œuvre à travers la réalisation de l’évaluation initiale du mercure en 2018 avec le soutien de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) et du FEM.

A en croire les chiffres, les résultats des inventaires réalisés en 2021 dans le cadre de ce projet, le nombre d’artisans oeuvrant dans ce secteur est estimé à 9 825 personnes au total dont 4 729 femmes, 3 257 hommes et 1839 enfants de moins de 18 ans, pour une production d’environ 0,17 tan d’or. Sur la base des outils d’inventaire du PNUE, une simulation a permis d’estimer la quantité de mercure utilisé dans le secteur à 217,12 kg/an.

C’est d’ailleurs le bien fondé de cet atelier qui vise à présenter aux acteurs de lutte contre ce métal lourd, les objectifs de réduction ou d’élimination et les stratégies développées sur la base des données et informations collectées auprès des orpailleurs artisans mineurs et les propositions de réduction de mercure.

Le représentant du ministre de l’environnement et des ressources financières a déclaré que l’exploitation minière artisanale et à petite échelle de l’or est une activité très répandue à laquelle s’adonne environ 15 millions de personnes dont 4 à 5 millions de femmes et d’enfants Elle produit pres de 20% de l’or mondial et est considérée comme la plus grande source d’émission de mercure dans le monde avec une concentration d’à peu près de 35% des émissions dans l’atmosphère.

« En vertu de la Convention de Minamata, l’élaboration du « plan d’action national » est une obligation pour chaque pays qui détermine que l’exploitation minière artisanale et à petite échelle de l’or sur son territoire est plus qu’insignifiante », a-t-il rappelé.

Selon M. Dominique Bally KPOKPO, Président du Centre Africain pour la Santé Environnementale (CASE) à ce jour, tout le pays est couvert pour identifier les impacts du mercure sur la santé environnementale et les communautés où se pratique l’orpaillage.
« Les stratégies assorties du plan d’action qui vont être validées ce jour permettront d’obtenir un document national servant de boussole au gouvernement pour témoigner du respect des obligations en vertu de la Convention de Minamata », a-t-il souligné.

Pour rappel, le mercure est une substance dangereuse toxique pour notre santé qui affecte entre autres le système nerveux, digestif et immunitaire et a des effets néfastes sur les poumons, les reins, la peau et les yeux. Il est connu pour la gravité de ces effets neurotoxiques, notamment et suscite beaucoup d’inquiétude du fait de ces conséquences néfastes sur les enfants à naître et les nourrissons.

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