Togo : les États-Unis d’Amérique soulignent des manquements au scrutin présidentiel, et proposent

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Par Impartial Actu le 27 Février 2020.

(IMPARTIAL ACTU)- L’ambassade des États-Unis d’Amérique ne semble pas être convaincu par les résultats provisoires de l’élection présidentielle du 22 février dernier. Dans un communiqué rendu public en date du mercredi 26 février, l’institution diplomatique des États-Unis d’Amérique au Togo, a souhaité que la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) puisse « travailler de manière constructive » avec toutes les parties, « pour traiter toute réclamation concernant les irrégularités constatées le jour du scrutin ». En plus l’ambassade, aimerait que le gouvernement accepte purement et simplement la publication de tous les résultats du scrutin « bureau de vote par bureau de vote afin d’accroître la confiance de tous, en les résultats finaux ».

L’élection présidentielle du 22 février a connu la participation d’environ 3,6 millions d’électeurs, et a été remportée selon les résultats de la CENI « haut les mains » par le candidat sortant Faure Gnassingbé réélu. Seulement 24 heures après la proclamation de ces résultats, le candidat du MPDD Agbéyomé Kodjo (arrivé 2è avec un score de 18,37%) et dynamique Mgr Kpodzro sont montés aux créneaux pour contester vigoureusement la victoire du président Faure Gnassingbé. Ce dernier s’est même autoproclamé président élu quelques heures la fermeture des bureaux de vote. De l’autre côté l’Etat-major du parti vainqueur (UNIR), balaie du revers de la main cette contestation et jubile sa victoire avec ses militants et sympathisants.

C’est face à cette ambiance qui risque d’absorber négativement climat de paix et de sérénité qui ont toujours prévalu dans le pays, que l’ambassade des États-Unis d’Amérique est sorti de son silence. En effet les Etats-Unis recommandent le juste milieu en proposant «la proclamation des résultats bureau de vote par bureau de vote ».

La souveraineté du Togo est-elle menacée ?

Dans le communiqué de presse de l’ambassade des États-Unis d’Amérique, un accent particulier est mis sur le retrait par la CENI de l’accréditation pour l’observation du scrutin présidentiel entre temps validée à la CNSC (Concertation Nationale de la Société Civile). Une décision qui a suscité des indignations des officiels américains, qui, à travers l’organisation internationale NDI devraient apporter des appuis techniques à la CNSC.

« Les États-Unis d’Amérique restent préoccupés par les efforts d’observation limités, notamment la décision décevante de la CENI de révoquer l’accréditation d’une organisation de la société civile neutre accompagnée par les États-Unis en vue d’observer le processus électoral », indique l’ambassade dans son communiqué.
Mais à ce niveau, il conviendrait volontier que chaque partie comprenne, que l’organisation des élections dans un pays, est une affaire intimement liée aux prérogatives des institutions de l’Etat concerné. Le retrait de l’accréditation pour l’observation du scrutin présidentiel à la CNSC, serait contestable, au cas la CENI n’a pas apporté de preuves matérielles pour justifier sa décision notifiée.

Par ailleurs, le communiqué de presse, précise que l’observation des élections et la participation active de la société civile apportent crédibilité, transparence et intégrité au processus électoral, « ne pas permettre leur pleine participation était une occasion manquée pour le gouvernement et le peuple togolais », poursuit la note.

Pour finir, « les États-Unis d’Amérique réaffirment « continuer de travailler avec le gouvernement et le peuple togolais pour promouvoir des valeurs communes de santé, de sécurité, d’éducation et de croissance économique tout en renforçant les institutions démocratiques », lit-on dans le communiqué.

Selon les résultats provisoires proclamés par la CENI, le président sortant Faure Gnassingbé a recueilli 72,36% des suffrages contre 18,37% pour le candidat Agbéyomé Kodjo.

Il faut noter que outre cette réaction de l’ambassade des États-Unis d’Amérique, les missions d’observations, Cédéao, CENSAD ou encore l’Union Africaine ont unanimement jugé « transparent » le scrutin.

René DOKOU.

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